La grammaire française au collège : toutes les notions de la 6e à la 3e
La grammaire française au collège : toutes les notions de la 6e à la 3e
La grammaire est le squelette de la langue. Sans elle, impossible de rédiger correctement, de comprendre un texte ou de réussir l’épreuve de français au brevet. Pourtant, elle reste la bête noire de beaucoup de collégiens. En tant qu’enseignant de français, je constate chaque année que les élèves qui progressent le plus sont ceux qui ont compris une chose simple : la grammaire n’est pas une liste de règles à apprendre par cœur, c’est un outil pour mieux penser, mieux lire et mieux écrire.
Cet article est conçu comme une carte complète de toutes les notions de grammaire travaillées au collège, de la 6e à la 3e. Il suit la progression officielle des programmes et vous donne, à chaque étape, des repères concrets pour savoir où en est votre enfant et comment l’aider.
Pourquoi la grammaire est décisive au collège (et comment je la fais aimer)
Au fil des années, j’ai remarqué que les élèves qui peinent en rédaction ou en dictée ont presque toujours le même problème de fond : une fragilité grammaticale. L’orthographe, la conjugaison, la capacité à construire des phrases claires et variées, tout repose sur la maîtrise de quelques règles grammaticales fondamentales. Et ces règles, on les travaille dès la 6e pour les approfondir progressivement jusqu’en 3e.
Les élèves doivent maîtriser des règles grammaticales fondamentales au collège. Ce n’est pas un luxe : il est important de maîtriser les règles grammaticales pour la réussite scolaire, que ce soit en français, en histoire ou même en sciences, là où la précision de l’expression compte.
En classe, je travaille souvent à partir de phrases tirées de copies d’élèves. Une erreur comme « Les fleurs que j’ai cueilli » au lieu de « cueillies » est un point de départ formidable pour expliquer l’accord du participe passé. La confusion entre nature et fonction (« adjectif » confondu avec « épithète ») revient dans presque chaque paquet de copies de 5e. Ce sont ces erreurs récurrentes qui me guident dans ma progression.
C’est exactement ce type de travail ciblé que propose André, le professeur IA de Studelio. Un professeur IA aide les élèves à cerner leurs besoins en posant des questions guidées, sans jamais donner la réponse directement. Les exercices interactifs couvrent la grammaire, l’orthographe et la rédaction, et le pack d’exercices interactifs couvre les niveaux 6e à 3e. L’idée est simple : s’entraîner un peu chaque jour, avec un accompagnement qui s’adapte au rythme de l’élève.
Cet article vous servira de guide de référence. Que vous soyez parent ou élève, vous pouvez l’utiliser pour repérer les notions à consolider, comprendre la logique de progression, et savoir exactement ce qui est attendu à chaque niveau.

Organisation de la grammaire au collège : de la 6e à la 3e
Le programme de grammaire au collège est conçu de manière spiralaire : on ne découvre pas une notion une seule fois pour l’oublier ensuite. On y revient chaque année, en ajoutant un niveau de complexité. C’est ce qui explique qu’un élève de 3e travaille encore les classes de mots, mais cette fois pour analyser des phrases complexes ou réussir une réécriture au brevet.
Les programmes officiels de l’Éducation nationale structurent l’enseignement du français en deux cycles : le cycle 3 (CM1, CM2, 6e), dit de consolidation, et le cycle 4 (5e, 4e, 3e), appelé cycle des approfondissements. Les nouveaux programmes entreront en vigueur progressivement à partir de la rentrée 2026 pour la 5e.
Voici les grandes étapes par niveau :
- 6e : consolidation des bases acquises en primaire. Phrase simple, classes de mots principales, accords dans le groupe nominal, accord du verbe avec le sujet.
- 5e : approfondissement des compléments du verbe (COD, COI), introduction de nouveaux temps (conditionnel, futur), premières subordonnées.
- 4e : syntaxe complexe, propositions subordonnées circonstancielles variées, voix passive, subjonctif, concordance des temps.
- 3e : synthèse et révisions systématiques de toutes les notions, préparation au brevet (réécriture, dictée, analyse grammaticale complète).
Pour un parent, cette progression est un outil précieux : avant d’aborder la phrase complexe, vérifiez que votre enfant maîtrise la phrase simple. Avant de travailler l’accord du participe passé, assurez-vous qu’il sait identifier un COD.
André, sur Studelio, peut justement diagnostiquer le niveau grammatical de l’élève en quelques échanges pour cibler les priorités d’apprentissage et éviter de perdre du temps sur ce qui est déjà acquis.
Les notions de base à maîtriser dès la 6e
La 6e est l’année où l’on pose les fondations. Tout ce qui viendra ensuite reposera sur ces acquis. Voici les notions que chaque élève doit maîtriser en fin de 6e.
La phrase simple :
- L’ordre des mots dans une phrase suit généralement la structure sujet-verbe-complément. Par exemple : « Le professeur (sujet) corrige (verbe) les copies (complément). »
- Les types de phrases incluent déclarative, interrogative, exclamative et impérative. Un collégien les utilise tous les jours : « Je vais au CDI. » (déclarative), « Tu viens avec moi ? » (interrogative), « Range ta chambre ! » (impérative), « Quelle belle journée ! » (exclamative).
- Les formes de phrase : affirmative (« Il pleut. ») et négative (« Il ne pleut pas. »). La double négation (ne… pas, ne… jamais, ne… plus) est un point à surveiller dès la 6e.
- L’utilisation correcte de la ponctuation est essentielle dans l’écriture : le point, la virgule, le point d’interrogation et le point d’exclamation ne sont pas décoratifs, ils structurent le sens.
Nature et fonction :
- Les élèves doivent distinguer la nature et la fonction des mots dans une phrase. La nature (ou classe grammaticale), c’est ce que le mot est : un nom, un adjectif, un verbe, etc. La fonction, c’est le rôle qu’il joue dans la phrase : sujet, COD, épithète, attribut…
- Pour s’entraîner, je conseille une consigne simple : écrire trois phrases, puis indiquer la nature et la fonction de chaque mot. C’est un exercice redoutablement efficace.
Classes de mots vues en 6e :
- Nom (commun et propre)
- Déterminant (articles, possessifs, démonstratifs)
- Adjectif qualificatif
- Pronom personnel (sujet)
- Verbe
- Adverbe
- Préposition
- Conjonction de coordination
- Interjection
Accords de base :
- Dans le groupe nominal : le déterminant et l’adjectif s’accordent avec le nom noyau (« les grands arbres »).
- Le verbe s’accorde en personne et en nombre avec son sujet (« Les enfants jouent. », pas « Les enfants joue. »).
Mon conseil : instaurez un petit rituel quotidien. Chaque soir, votre enfant peut réécrire deux ou trois phrases correctes, les analyser, puis s’auto-corriger avec l’aide d’un parent ou d’André sur Studelio.
Les classes grammaticales de la 6e à la 3e
Les classes grammaticales, c’est le vocabulaire de base de la grammaire. Au collège, on passe progressivement d’une simple mémorisation de listes à une compréhension fine : savoir que « que » peut être un pronom relatif ou une conjonction de subordination, ou que « tout » change de nature selon le contexte.
Les mots peuvent être variables ou invariables. Les mots variables (noms, déterminants, adjectifs, pronoms, verbes) changent de forme selon le genre, le nombre, la personne ou le temps. Les mots invariables (adverbes, prépositions, conjonctions, interjections) gardent toujours la même forme. Cette distinction est fondamentale pour comprendre les accords.
Reconnaître la classe grammaticale d’un mot, c’est aussi la clé de l’orthographe. Si l’élève sait qu’il a affaire à un participe passé et non à un infinitif, il évitera l’erreur classique « j’ai manger » au lieu de « j’ai mangé ».
En classe, je conseille souvent aux élèves de surligner chaque nature de mot dans une couleur différente : les noms en bleu, les verbes en rouge, les adjectifs en vert. Cette visualisation aide à saisir la structure de la phrase d’un seul coup d’œil.

Studelio propose des exercices interactifs centrés sur « repérer la nature des mots dans une phrase », avec une correction guidée par questions : André demande d’abord à l’élève de justifier son choix avant de confirmer ou d’orienter vers la bonne réponse.
Les noms, déterminants et adjectifs
Ces trois classes forment le cœur du groupe nominal, l’une des structures les plus fréquentes de la langue française.
Le nom :
- Un nom désigne une personne, un animal, un lieu, une idée. Il peut être commun (« collégien », « cahier », « courage ») ou propre (« Paris », « Molière »).
- Chaque nom possède un genre (masculin ou féminin) et varie en nombre (singulier ou pluriel). C’est le nom qui « commande » les accords dans le groupe nominal.
Le déterminant :
- Un déterminant comprend articles, possessifs, démonstratifs et numéraux. Plus précisément, on distingue les articles définis (le, la, les), indéfinis (un, une, des), partitifs (du, de la, de l’), les déterminants possessifs (mon, ton, son, notre…), démonstratifs (ce, cette, ces), numéraux (deux, trois…), interrogatifs et exclamatifs (quel, quelle…).
- Le déterminant précède le nom et s’accorde avec lui.
L’adjectif qualificatif :
- L’adjectif qualificatif donne des précisions sur le nom. Il peut être épithète (« un livre passionnant ») ou attribut du sujet (« Ce livre est passionnant »).
- Sa place varie : avant le nom (« une belle histoire ») ou après (« une histoire vraie »), et cette place peut modifier le sens.
- L’adjectif qualificatif s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il qualifie.
Pour s’entraîner, voici une consigne que j’utilise régulièrement : à partir d’un court texte narratif, relevez tous les groupes nominaux et justifiez chaque accord (pourquoi « grandes » prend un -s et un -e, par exemple).
Les pronoms
Les pronoms sont une source majeure d’erreurs au collège, en particulier pour les accords et le choix du pronom relatif. Le pronom remplace un nom (ou un groupe nominal) pour éviter les répétitions.
Voici les grandes familles de pronoms travaillées de la 6e à la 3e :
- Pronoms personnels : sujets (je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils, elles), compléments (me, te, le, la, lui, nous, vous, les, leur), toniques (moi, toi, lui, elle, soi, nous, vous, eux, elles).
- Pronoms possessifs : le mien, le tien, le sien, le nôtre, le vôtre, le leur…
- Pronoms démonstratifs : celui, celle, ceux, celles, ce, ceci, cela, ça.
- Pronoms interrogatifs : qui, que, quoi, lequel…
- Pronoms indéfinis : on, tout, chacun, quelqu’un, rien, personne…
- Pronoms relatifs : qui, que, dont, où, lequel, auquel, duquel…
L’enjeu principal en 5e et 4e, c’est la fonction du pronom complément pour l’accord du participe passé avec « avoir ». Prenons l’exemple classique : « Les lettres que j’ai écrites » (le pronom relatif « que », COD, est placé avant le verbe, donc le participe passé s’accorde) contre « J’ai écrit des lettres » (le COD est après, pas d’accord).
Studelio propose des séries d’exercices où André demande à l’élève d’identifier d’abord le pronom, puis sa fonction, avant de corriger l’accord. Cette démarche en étapes évite les réponses au hasard.
Les verbes
Le verbe désigne une action (« courir », « écrire ») ou un état (« être », « sembler », « devenir »). C’est le pivot de la phrase : sans verbe conjugué, pas de phrase.
Les points essentiels à maîtriser :
- Les trois groupes : 1er groupe (verbes en -er, sauf « aller »), 2e groupe (verbes en -ir avec participe présent en -issant : « finir → finissant »), 3e groupe (tous les autres, souvent irréguliers : « prendre », « vouloir », « aller »).
- Les auxiliaires « être » et « avoir » sont au cœur des temps composés. Leur maîtrise conditionne l’accord du participe passé.
- Les verbes pronominaux (se laver, se souvenir) posent des difficultés spécifiques pour l’accord du participe passé, surtout en 4e et 3e.
- Les verbes attributifs (être, sembler, devenir, paraître, rester, demeurer) introduisent un attribut du sujet et non un COD.
Je conseille un entraînement ciblé : chaque jour, écrire trois phrases avec un temps différent (une au présent, une à l’imparfait, une au passé composé), puis les faire analyser par André pour vérifier les accords et la conjugaison.
Les autres classes de mots
Certaines classes de mots sont moins spectaculaires que le verbe ou le nom, mais elles sont essentielles à l’analyse de phrase et à la rédaction.
L’adverbe :
- L’adverbe modifie le sens d’un verbe, d’un adjectif ou d’un autre adverbe. Il peut exprimer la manière (« rapidement »), le temps (« hier »), le lieu (« ici »), la quantité (« beaucoup »), etc.
- Il est invariable. C’est un mot qu’on ne peut jamais accorder, ce qui le distingue nettement de l’adjectif.
La préposition :
- La préposition introduit un complément. Les plus fréquentes : à, de, pour, sans, avec, chez, en, par, sur, dans, vers.
- Elle est toujours suivie d’un groupe nominal, d’un pronom ou d’un infinitif : « le cahier de français », « partir sans lui ».
Les conjonctions :
- Les conjonctions peuvent être de coordination ou subordination. Les conjonctions de coordination relient des éléments de même nature (mais, ou, et, donc, or, ni, car). Les conjonctions de subordination introduisent une proposition subordonnée (que, quand, parce que, si, bien que, pour que…).
L’interjection :
- Mot ou groupe de mots qui exprime une émotion ou une réaction : « Oh ! », « Aïe ! », « Hé ! ». Les collégiens les utilisent naturellement à l’oral, mais doivent aussi savoir les identifier dans un texte.
Les fonctions dans la phrase : du groupe nominal au complément de phrase
En classe, la confusion entre nature et fonction est le frein le plus fréquent que j’observe en 5e et 4e. Un élève me dira « COD, c’est un complément d’objet direct, c’est un nom » en confondant la nature du mot (nom) avec sa fonction (COD). Dès qu’on clarifie cette distinction, beaucoup de choses se débloquent.
L’idée du « squelette » de la phrase aide les élèves à se repérer : il y a un sujet, un verbe, puis des compléments. Certains compléments sont essentiels (on ne peut pas les supprimer sans détruire le sens : COD, COI, attribut). D’autres sont facultatifs (les compléments circonstanciels, qu’on peut déplacer ou supprimer).
Voici la méthode d’analyse que je recommande, étape par étape :
- Repérer le verbe conjugué.
- Trouver le sujet (« Qui est-ce qui + verbe ? »).
- Poser les questions : « quoi ? » (COD), « à qui ? de quoi ? » (COI), « où ? quand ? comment ? pourquoi ? » (compléments circonstanciels).
En 3e, on attend de l’élève qu’il sache analyser une phrase complexe en identifiant la fonction de chaque groupe. Studelio propose des parcours guidés où André demande à l’élève de justifier verbalement chaque fonction avant de valider la réponse. C’est un travail de raisonnement, pas de mémorisation.
Le sujet, le verbe et le groupe verbal
Ce qui est attendu évolue nettement entre la 6e et la 3e :
- En 6e, on repère un sujet simple placé avant le verbe : « Le chat dort sur le canapé. »
- En 3e, on doit identifier un sujet inversé (« Vient-il demain ? »), un sujet sous-entendu dans une phrase à l’impératif (« Range ta chambre ! »), ou un sujet complexe (« Le frère de mon meilleur ami habite à Lyon. »).
Le groupe verbal se compose du verbe conjugué et de ses compléments essentiels (COD, COI, attribut). Par exemple, dans « Marie lit un roman policier », le groupe verbal est « lit un roman policier ».
Pour s’exercer, une consigne simple fonctionne bien : faire souligner le sujet en bleu et le verbe en rouge dans cinq phrases issues d’un manuel ou d’une dictée, puis vérifier en posant la question « Qui est-ce qui… ? ».
Les compléments du verbe : COD, COI, COS et attribut
- Le COD (complément d’objet direct) répond à la question « sujet + verbe + quoi/qui ? » : « Je lis un livre. » → « quoi ? » → « un livre ».
- Le COI (complément d’objet indirect) répond à « à qui ? de quoi ? à quoi ? » : « Je parle à mon frère. » → « à qui ? » → « à mon frère ».
- Le COS (complément d’objet second) est un deuxième complément d’objet : « J’offre un cadeau (COD) à ma sœur (COS). »
- L’attribut du sujet est introduit par un verbe d’état (être, sembler, devenir, paraître, rester, demeurer) et donne une caractéristique au sujet : « Marie est courageuse. »
Erreurs classiques que je relève dans les copies :
- Confondre un complément circonstanciel et un COD : « Je mange à la cantine » → « à la cantine » n’est pas un COD, c’est un CC de lieu.
- Confondre adjectif épithète et attribut : « une fille courageuse » (épithète) ≠ « cette fille est courageuse » (attribut).
Les compléments de phrase et compléments du nom
Les compléments circonstanciels indiquent le lieu, le temps, la manière, la cause, le but, ou le moyen. Ils sont déplaçables et supprimables, contrairement aux compléments essentiels.
- CC de temps : « Ce matin, j’ai couru. »
- CC de lieu : « Il habite à Paris. »
- CC de manière : « Elle chante merveilleusement. »
- CC de cause : « Il tremble de froid. »
Le complément du nom est un groupe prépositionnel (ou une proposition subordonnée relative) qui complète un nom : « le cahier de français », « la maison qui est au bout de la rue ».
Un exercice maison efficace : prenez la phrase « Le chien du voisin aboie » et transformez le complément du nom en phrase simple (« Le voisin a un chien. Ce chien aboie. »), puis faites l’opération inverse. Ce va-et-vient développe la souplesse syntaxique.
Les temps et modes du verbe au collège
La maîtrise des temps est indispensable pour les rédactions et le brevet. Les élèves doivent maîtriser les temps du récit, notamment l’imparfait et le passé simple, mais aussi savoir choisir le bon temps dans un texte argumentatif.
Temps travaillés de la 6e à la 3e :
- Temps simples : présent, futur simple, imparfait, passé simple, conditionnel présent.
- Temps composés : passé composé, plus-que-parfait, futur antérieur, conditionnel passé.
Principaux modes :
- Indicatif : le mode du réel, le plus courant.
- Impératif : pour les ordres et les conseils (« Écoute ! »).
- Conditionnel : pour l’hypothèse, le souhait, la politesse (« J’aimerais comprendre. »).
- Subjonctif : pour le doute, le souhait, la nécessité (« Il faut que tu viennes. »), surtout travaillé en 4e et 3e.
Ma méthode en classe : faire réécrire un même petit texte au passé composé, puis au passé simple, puis à l’imparfait. L’élève observe par lui-même les effets produits sur le récit. C’est bien plus efficace que de réciter des terminaisons.
Studelio permet de s’entraîner sur des conjugaisons contextualisées, non pas en listes abstraites, mais dans de vraies phrases corrigées par questions successives. André ne demande pas « conjugue finir au passé simple », il demande « dans cette phrase, quel temps utiliserais-tu et pourquoi ? ».
Les temps du récit : imparfait, passé simple, plus-que-parfait
La différence entre imparfait et passé simple est l’un des grands classiques du collège :
- L’imparfait sert à la description, aux habitudes, aux actions de second plan : « Le soleil brillait et les oiseaux chantaient. »
- Le passé simple exprime les actions de premier plan, les événements ponctuels : « Soudain, un cri retentit. »
- Le plus-que-parfait marque l’antériorité dans le récit (une action achevée avant une autre action passée) : « Il avait oublié son cahier, alors il dut emprunter celui de son voisin. »
Consigne d’exercice : prenez un passage de récit écrit au présent et réécrivez-le au passé simple et à l’imparfait en respectant les valeurs de chaque temps. C’est exactement le type de réécriture demandé au brevet.
Les temps de l’argumentation et du discours
Dans un paragraphe argumentatif (attendu en 4e et 3e), les temps ne sont pas les mêmes que dans un récit :
- Le présent de vérité générale pour énoncer un fait universel : « La lecture développe l’imagination. »
- Le présent d’énonciation pour ancrer le propos dans le moment : « Je pense que cette scène est importante. »
- Le conditionnel pour nuancer une opinion : « On pourrait considérer que l’auteur critique la société. »
Le subjonctif présent est attendu au collège après certaines conjonctions (bien que, pour que, avant que) et certains verbes exprimant le doute, le souhait ou la nécessité (« Il faut que l’élève comprenne la règle avant de l’appliquer. »).
Exemple concret : si le sujet de rédaction du brevet demande de défendre un point de vue, l’élève utilisera le présent de vérité générale pour ses arguments, le conditionnel pour les nuances, et éventuellement le subjonctif dans des subordonnées de concession (« Bien que certains pensent le contraire… »).
Les types et formes de phrases, la voix active/passive
Savoir varier les types et formes de phrases est un atout en rédaction et une compétence testée au brevet lors des exercices de transformation.
Les types de phrases :
- Déclarative : elle transmet une information (« La grammaire est utile. »).
- Interrogative : elle pose une question (« Comprends-tu cette règle ? »).
- Impérative : elle donne un ordre ou un conseil (« Souligne le verbe. »).
- Exclamative : elle exprime une émotion forte (« Quelle progression ! »).
Les formes de phrases :
- Affirmative / négative : « Il comprend la leçon. » → « Il ne comprend pas la leçon. »
- Active / passive : « Le professeur corrige la copie. » → « La copie est corrigée par le professeur. »
- Emphatique : « C’est la grammaire qui pose problème. »
- Impersonnelle : « Il pleut. », « Il faut réviser. »
Les transformations typiques demandées au collège : de la voix active à la voix passive, de l’interrogative directe (« Où vas-tu ? ») à l’interrogative indirecte (« Je me demande où tu vas. »), etc.
Mon conseil méthodologique : avant toute transformation, repérez le sujet, le verbe et le COD, puis modifiez la structure sans changer le sens. Sur Studelio, André peut guider pas à pas ces transformations en demandant à l’élève de justifier chaque étape.
Voix active, voix passive et tournures pronominales
La voix active et la voix passive décrivent l’action d’un verbe de manières différentes :
- Voix active : le sujet fait l’action. « Le professeur interroge l’élève. »
- Voix passive : le sujet subit l’action. Structure = auxiliaire « être » + participe passé. « L’élève est interrogé par le professeur. » Le « par le professeur » est le complément d’agent.
Pour transformer correctement : le COD de la phrase active devient le sujet de la phrase passive, et le sujet de la phrase active devient le complément d’agent.
Les tournures pronominales (« se faire interroger », « se voir attribuer une note ») sont abordées au collège de manière simple, sans entrer dans les subtilités réservées au lycée.
Les propositions et la phrase complexe de la 5e à la 3e
La progression est claire : en 6e, l’élève travaille la phrase simple ; en 5e et 4e, il découvre la phrase complexe ; en 3e, il doit la maîtriser pour l’analyse grammaticale au brevet. Il existe des phrases simples et des phrases complexes : une phrase simple ne contient qu’un seul verbe conjugué, une phrase complexe en contient au moins deux.
Une phrase complexe se compose de propositions reliées de trois façons :
- Juxtaposition (séparées par une virgule ou un point-virgule) : « Il pleut, je reste chez moi. »
- Coordination (reliées par une conjonction de coordination) : « Il pleut mais je sors quand même. »
- Subordination (une proposition dépend de l’autre) : « Je reste chez moi parce qu’il pleut. »
Les subordonnées travaillées au collège :
- Relatives : complètent un nom (« L’élève qui travaille régulièrement progresse. »).
- Complétives : complètent un verbe (« Je pense qu’il a compris. »).
- Circonstancielles : expriment le temps, la cause, la conséquence, le but, la condition, la concession, etc.
En classe, je fais segmenter les phrases complexes en plaçant des barres verticales entre chaque proposition, puis on les classe. C’est un travail visuel qui clarifie la structure.
Studelio dispose d’exercices où l’élève doit d’abord identifier les propositions, puis leur type, avec un accompagnement pas à pas d’André.
Les propositions subordonnées relatives
La relative a deux rôles principaux : compléter un nom (son antécédent) et éviter les répétitions.
Pronoms relatifs principaux au collège :
- qui (sujet) : « L’élève qui révise réussit. »
- que (COD) : « Le livre que j’ai lu est passionnant. »
- où (CC de lieu ou de temps) : « La ville où j’habite est calme. »
- dont (complément du nom, du verbe, de l’adjectif) : « Le sujet dont je parle est difficile. »
- lequel, laquelle, lesquels, lesquelles (et formes composées : auquel, duquel…) : « Le cahier dans lequel j’écris est neuf. »
Consigne d’exercice : transformez deux phrases simples en une seule phrase avec relative, puis repérez le pronom relatif et son antécédent. Exemple : « J’ai lu un roman. Ce roman est passionnant. » → « J’ai lu un roman qui est passionnant. »
Les propositions complétives et circonstancielles
La subordonnée conjonctive complétive est introduite par « que » et complète un verbe de parole, de pensée ou de sentiment :
- « Je crois qu’il a compris. »
- « Il souhaite que tu viennes. »
- « Elle affirme qu’elle a raison. »
Les grandes familles de subordonnées circonstancielles :
- Temps : quand, lorsque, avant que, après que, pendant que…
- Cause : parce que, puisque, comme…
- Conséquence : si bien que, de sorte que, tellement… que…
- But : pour que, afin que…
- Condition : si, à condition que, pourvu que…
- Concession / opposition : bien que, quoique, même si…
Consigne pratique : reliez deux phrases simples par une conjonction de subordination en variant les rapports logiques. « Il pleut. Je sors. » → « Bien qu’il pleuve, je sors. » (concession) / « Je sors parce qu’il ne pleut plus. » (cause) / « Je sortirai si la pluie s’arrête. » (condition).
Les accords complexes : adjectifs, participe passé et homophones
Ces notions sont au cœur de l’orthographe grammaticale testée au brevet. La dictée du brevet vaut 10 points, et les fautes d’accord y coûtent souvent plus cher que les fautes d’orthographe d’usage.
Quelques repères sur les accords à maîtriser :
- L’accord de l’adjectif qualificatif : avec un seul nom, avec plusieurs noms, masculin et féminin mélangés.
- L’accord du participe passé : avec « être », avec « avoir », dans les verbes pronominaux.
- Les homophones grammaticaux : a/à, est/et, son/sont, se/ce, ou/où, on/ont, ses/ces, etc.
En classe, je travaille ces points avec des dictées préparées (on étudie le texte la veille, on repère les pièges) puis des dictées flash très courtes (deux ou trois phrases) révisées le lendemain. C’est la régularité qui fait la différence.
Studelio propose des exercices de réécriture et de dictée interactive où André n’indique pas la bonne réponse, mais aide à remonter à la règle. L’élève doit raisonner : « Quel est l’auxiliaire ? Où est le COD ? Est-il avant ou après ? » C’est cette démarche qui inscrit la règle dans la mémoire à long terme.
Accord de l’adjectif qualificatif
Cas typiques à connaître :
- Épithète : l’adjectif est directement accolé au nom (« une grande maison »).
- Attribut : l’adjectif est relié au sujet par un verbe d’état (« La maison est grande. »).
- Plusieurs noms coordonnés : « Un cahier et un classeur neufs. » Le masculin l’emporte quand les genres sont mélangés : « Une trousse et un cahier rangés. »
- Certains cas particuliers existent (adjectifs de couleur composés, mots épicènes), mais au collège, on se concentre sur les cas les plus fréquents.
Exercice type : faites accorder une série d’adjectifs dans des groupes nominaux inspirés de la vie scolaire : « des copies (rendu) → rendues », « des élèves (attentif) → attentifs », « une salle et un couloir (propre) → propres ».
Accord du participe passé
Trois grands cas à distinguer :
- Avec l’auxiliaire « être » : le participe passé s’accorde avec le sujet quand utilisé avec être. Exemple : « Les filles sont parties. »
- Avec l’auxiliaire « avoir » : le participe passé s’accorde avec le complément d’objet direct si celui-ci est placé avant le verbe. Exemple : « Les lettres que j’ai écrites étaient longues. » Mais : « J’ai écrit des lettres. » (COD après → pas d’accord.)
- Dans les verbes pronominaux : il faut vérifier la fonction du pronom réfléchi. « Elles se sont lavées. » (se = COD → accord.) « Elles se sont lavé les mains. » (se = COI, « les mains » = COD placé après → pas d’accord.)
La méthode pour raisonner est toujours la même : identifier l’auxiliaire, chercher le COD, vérifier sa position. Je conseille un entraînement régulier à partir de phrases courtes transformées à différents temps composés.
Méthodes de travail, révisions et préparation au brevet
L’épreuve de français au brevet dure environ trois heures et totalise 100 points : 50 points pour la compréhension et les compétences linguistiques (dont la grammaire), 10 pour la dictée, 40 pour la rédaction. La grammaire irrigue donc l’ensemble de l’épreuve.
Voici un plan de révision par étapes que je propose à mes élèves de 3e :
- Les bases : vérifier la maîtrise des classes de mots et des fonctions (nature/fonction). Si cette distinction n’est pas claire, tout le reste sera fragile.
- Les temps de conjugaison : réviser les temps du récit (imparfait, passé simple, plus-que-parfait) et les temps de l’argumentation (présent, conditionnel, subjonctif).
- Les accords complexes : participe passé, adjectif qualificatif, homophones grammaticaux.
- La phrase complexe : propositions, subordonnées, transformations.
Outils et ressources utiles :
- Les cahiers de grammaire et fiches synthétiques restent des supports efficaces pour mémoriser. Le livre Nouvelle Grammaire du Collège de Magnard, par exemple, couvre le programme de la 6e à la 3e avec de nombreuses activités. Dans un autre registre, le manuel Bordas Étude de la langue (édition 2026) propose près de 500 exercices numériques. On trouve aussi des ressources en ligne comme SchoolMouv, qui propose des ressources de grammaire pour la 3e, ou digiSchool pour des fiches de révision. Un ouvrage plus ancien, publié le 24 mai 1999, a longtemps servi de référence et couvre lui aussi le programme de la 6e à la 3e.
- Les annales du brevet de français sont indispensables pour s’entraîner aux exercices types : réécriture, questions de grammaire, dictée.
- Pour une méthode de révision intensive, consultez le guide pour réviser le brevet de français en 7 jours.
Comment utiliser Studelio comme fil rouge :
- André réalise un diagnostic initial en posant des questions ciblées, puis propose un parcours personnalisé de grammaire adapté au niveau réel de l’élève.
- La plateforme offre un suivi des progrès via un tableau de bord, consultable par les parents. Les commentaires de suivi permettent de savoir exactement quelles leçons sont acquises et lesquelles nécessitent encore du travail.
- La méthode socratique d’André favorise l’autonomie : il pose des questions, ne fait pas les devoirs à la place de l’élève. C’est une approche qui ancre la compréhension bien plus durablement que la simple correction.
- Le coût est bien inférieur à celui d’un cours particulier classique, et l’essai gratuit de 3 jours, sans engagement, permet de tester le travail de grammaire sur la plateforme avec un enfant de 6e à 3e.

La grammaire n’est pas une montagne à gravir d’un coup. C’est un chemin à parcourir étape par étape, notion après notion, année après année. Si vous ne deviez retenir qu’un seul conseil de cet article, le voici : choisissez une seule notion à consolider dès cette semaine, qu’il s’agisse des types de phrases, de l’accord du verbe avec le sujet ou de la distinction nature/fonction. Travaillez-la dix minutes par jour pendant une semaine. Vous verrez la différence.