Les temps verbaux à maîtriser au collège (et quand les utiliser)
Les temps verbaux à maîtriser au collège (et quand les utiliser)
Les temps verbaux au cœur du programme de collège
Dictée, réécriture, rédaction : chaque épreuve du brevet met les temps verbaux au cœur de la réussite. Les programmes de français au collège exigent la maîtrise de la morphologie verbale, mais aussi la compréhension du lien entre le temps choisi et le sens produit dans un récit. Les programmes insistent d’ailleurs sur ce rapport entre forme et effet.
Cet article répond à deux questions simples : quels temps connaître au collège ? Dans quels types de phrases les utiliser – récit, description, dialogue, consigne, texte explicatif ? Mieux vaut très bien connaître une dizaine de temps verbaux que survoler toutes les formes possibles. Chaque section ci-dessous donne des repères concrets et des petits exercices de rédaction clés en main : une phrase, un paragraphe, quelque chose à produire immédiatement.
Panorama des temps verbaux à connaître au collège
Il existe trois modes personnels en français : l’indicatif, le subjonctif et l’impératif. Attention, la tradition scolaire ajoutait autrefois le conditionnel à cette liste : la terminologie officielle en fait désormais un temps de l’indicatif, le futur du passé. Les principaux temps à maîtriser au collège appartiennent surtout aux modes indicatif et subjonctif. Le mode indicatif exprime la réalité et la certitude. Le programme de français du cycle 4 est en renouvellement et entre en vigueur progressivement, mais le socle reste stable.
Voici les temps prioritaires, classés par repère temporel :
| Repère | Temps à connaître |
|---|---|
| Présent | Présent de l’indicatif |
| Passé | Imparfait, passé composé, passé simple, plus-que-parfait, passé antérieur, passé récent |
| Futur | Futur proche, futur simple, futur antérieur |
| Autres modes | Conditionnel présent, conditionnel passé, mode subjonctif (présent) |
Le passé simple et le passé antérieur sont surtout vus en 4e–3e, principalement en lecture de textes littéraires. L’impératif est utilisé pour donner des ordres ou des conseils, mais ne sera pas détaillé ici. Chaque temps sera relié ci-dessous à une situation concrète de copie de collège.

Le présent : parler du réel, de l’habitude et du récit vivant
Le présent revient partout : questions de cours, consignes, rédaction, textes documentaires. Le présent de l’indicatif exprime un fait qui se déroule au moment présent, mais ses valeurs vont bien au-delà.
Le présent a différentes valeurs telles que présent d’actualité, d’habitude, et de vérité générale :
- Présent d’énonciation : ce qui se passe maintenant. Ex : « Nous sommes en classe. » Utile dès la 6e pour raconter sa journée ou décrire une situation.
- Présent d’habitude : action répétée. Ex : « Chaque matin, il prend son petit déjeuner à 7 h. » Indispensable dans les rédactions de type portrait ou texte informatif.
- Présent de vérité générale : définition, loi scientifique, proverbe. Ex : « L’eau bout à 100 °C. » Utile pour la rédaction explicative en 4e et 3e.
- Présent de narration : verbe au présent dans un récit au passé pour créer un effet de vivacité. Ex : « Tout à coup, il surgit de l’ombre. » Très valorisé au brevet, à utiliser avec parcimonie pour ne pas briser la cohérence du texte.
Exercice : écris un paragraphe de 4–5 phrases décrivant une scène de cour de récréation au présent. Varie les valeurs : une phrase d’habitude (« Tous les jours… »), deux phrases d’action en cours, une phrase de vérité générale.
Les temps du passé au collège : récit, description et retour en arrière
La narration au passé est centrale au brevet de français : récit, réécriture, questions sur les valeurs des temps. Au collège, les élèves doivent savoir choisir entre imparfait, passé simple, plus-que-parfait et passé composé. On distingue le système du discours et le système du récit en français, et c’est cette distinction qui guide le choix du temps. Le plus-que-parfait, le passé antérieur et le passé récent servent à préciser la chronologie.
L’imparfait : décrire, installer le décor, parler des habitudes passées
L’imparfait décrit des faits dans le passé, souvent en cours. Ses terminaisons régulières (-ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient) en font un temps accessible dès la 5e.
Valeurs principales :
- Description / arrière-plan : « Le ciel était sombre, le vent soufflait. »
- Habitude passée : « Tous les étés, nous allions à la mer. »
- Action en cours interrompue : « Je dormais quand le téléphone a sonné. »
L’imparfait est le temps idéal pour commencer un récit : poser le lieu, l’époque, l’ambiance, sans faire avancer l’action.
Exercice : écris 4 phrases d’ouverture de récit décrivant un soir d’orage. Utilise uniquement l’imparfait. Interdiction de faire avancer l’intrigue : décor, météo, état d’esprit du personnage.
Le passé composé : raconter des actions passées proches ou orales
Le passé composé exprime une action terminée dans le passé, souvent avec un résultat visible dans le présent. C’est le temps le plus fréquent à l’oral et dans les rédactions courtes de collège, surtout en 6e–5e. Sa conjugaison repose sur un auxiliaire (être ou avoir) au présent + le participe passé.
La distinction avec le passé simple est essentielle : le passé composé convient aux textes courants et au discours, le passé simple aux récits littéraires étudiés en classe.
Exercice : transforme ces 3 phrases au présent en passé composé pour raconter « la semaine dernière » :
- « Je joue au tennis. » → …
- « Je finis mes devoirs. » → …
- « Je vais au parc. » → … (Attention à l’auxiliaire être dans la phrase 3 !)
Le passé simple : le temps du récit littéraire
Le passé simple est utilisé principalement dans la littérature : contes, romans du XIXe siècle, récits classiques étudiés en cours. Sa valeur : actions brèves, successives, de premier plan. « Elle entra, vit, s’enfuit. »
En rédaction de brevet, un élève peut rester au passé composé si l’enseignant ne demande pas explicitement le passé simple. Mais savoir le reconnaître et le conjuguer reste indispensable pour la compréhension des textes et les annales du brevet.
Exercice : réécris ce mini-récit en remplaçant les passés composés par des passés simples : « Ce matin-là, j’ai ouvert la porte. J’ai vu un paquet sur le sol. Je l’ai ramassé et je suis rentré. »
Plus-que-parfait et passé antérieur : marquer l’antériorité dans le récit
Le plus-que-parfait marque une action antérieure à une autre passée. Il indique qu’une action s’est déroulée avant une autre action passée. Formation : auxiliaire à l’imparfait + participe passé. Ex : « Il avait déjà fermé la porte quand le téléphone sonna. »
Le passé antérieur remplit une fonction similaire, mais dans un contexte littéraire : il exprime l’antériorité par rapport au passé simple. Ex : « Dès qu’il eut achevé son œuvre, la foule applaudit. » Ce temps reste rare dans les productions personnelles.
Exercice : voici trois phrases au passé. Ajoute à chacune une phrase au plus-que-parfait qui explique ce qui s’était passé avant :
- « Quand il ouvrit la porte, … »
- « Elle sourit enfin, car … »
- « Nous arrivâmes trop tard : … »
Le passé récent : raconter ce qui vient juste de se produire
Le passé récent se construit avec « venir de » + infinitif. Sa valeur : une action achevée juste avant le moment de l’emploi du discours. « Je viens de finir mes devoirs. » Très fréquent à l’oral, il dynamise un dialogue ou un début de scène par son effet d’urgence.
Exercice : écris un court dialogue (3 répliques) entre deux amis qui se retrouvent le matin au collège. Chacun raconte ce qu’il vient de faire avant d’arriver, en utilisant le passé récent.

Les temps du futur : projets, promesses et anticipation
Les temps du futur servent en rédaction narrative (anticipation), en texte explicatif (conséquences) et en argumentation (projets). La différence d’utilisation entre futur proche, futur simple et futur antérieur s’organise sur une ligne du temps : bientôt → plus tard → déjà terminé dans le futur.
Futur proche : ce qui va se produire très bientôt
Le futur proche indique une action imminente à venir. Construction : « aller » au présent + infinitif (« Je vais sortir »). Sa valeur : projet immédiat, intention presque certaine. Il apparaît souvent dans les dialogues. Pour les apprenants de 6e–5e, c’est une manière simple d’exprimer le futur sans difficulté de terminaisons.
Le futur proche et le passé récent ne sont pas à proprement parler des temps, mais des périphrases verbales : un verbe conjugué suivi d’un infinitif. On les range ici avec les temps parce qu’ils occupent la même place dans une phrase.
Exercice : écris 4 phrases au futur proche pour raconter ce que tu vas faire ce soir après les cours.
Futur simple : avenir plus lointain, promesses, prédictions
Le futur simple exprime une action à venir considérée comme certaine. Terminaisons à connaître par cœur : -rai, -ras, -ra, -rons, -rez, -ront. Il sert à formuler un engagement, une prédiction, une conséquence. Ex : « Plus tard, je serai médecin. » En 4e–3e, il apparaît dans les rédactions argumentatives pour parler des conséquences futures d’un choix.
Attention : les élèves confondent souvent futur et conditionnel dans leurs utilisations, notamment à la première personne (« je chanterai » vs « je chanterais »). La présence ou l’absence du -s final change tout le sens de la phrase.
Exercice : écris un paragraphe de 5 lignes décrivant ta vie dans 10 ans, uniquement au futur simple.
Futur antérieur : ce qui sera déjà terminé dans le futur
Le futur antérieur marque l’antériorité par rapport à un moment futur. Formation : futur simple de l’auxiliaire + participe passé (« J’aurai terminé », « Nous serons arrivés »). Exemple : « Quand tu liras ce message, j’aurai pris le train. »
Ce temps est utile pour exprimer des conséquences déjà accomplies dans un texte explicatif ou argumentatif.
Exercice : complète ces 3 débuts de phrases avec un futur antérieur cohérent :
- « Quand j’entrerai au lycée, j’aurai… »
- « Avant la fin de l’été, nous serons… »
- « Quand le professeur arrivera, les élèves auront… »
Conditionnel et subjonctif : hypothèse, souhait, doute
Ces formes apparaissent dès la 5e mais sont surtout travaillées en 4e–3e pour donner de la nuance à l’expression écrite.
Le conditionnel présent exprime une information incertaine ou un souhait. Il se repère aux terminaisons proches du futur : -rais, -rais, -rait, -rions, -riez, -raient. Il est aussi utilisé pour exprimer la politesse (« Je voudrais un café ») ou le futur dans le passé dans le discours indirect (« Il m’a dit qu’il viendrait »).
Le mode subjonctif est le mode de l’incertitude et de la possibilité. Le subjonctif est souvent introduit par « que » dans les constructions exprimant un souhait ou un doute : « il faut que », « bien que », « pour que », « je veux que », « j’ai peur que… ». Le subjonctif présent s’emploie dans une proposition subordonnée exprimant un ordre ou un souhait. Le conditionnel passé et le subjonctif passé apparaissent dans la littérature mais restent moins prioritaires en pratique rédactionnelle.
Exercice double :
- Écris 3 phrases avec « si + imparfait → conditionnel présent » (condition irréelle). Ex : « Si j’avais une machine à remonter le temps, je… »
- Transforme 3 phrases avec « il faut que / je veux que » en mettant le verbe au subjonctif présent. Ex : « Il faut que tu (venir) → viennes. »
Quand utiliser quel temps en rédaction ? Scénarios typiques du collège
Voici un tableau récapitulatif par contexte de rédaction :
| Type de production | Temps principaux | Fonction |
|---|---|---|
| Récit au passé (brevet) | Imparfait + passé simple (ou passé composé) + plus-que-parfait | Décor, action de premier plan, retour en arrière |
| Description (portrait, lieu) | Présent ou imparfait selon le contexte | Donner à voir un état, un décor |
| Dialogue | Présent, futur proche, passé récent, conditionnel présent | Naturel, vivant, nuancé |
| Texte explicatif / argumentatif | Présent de vérité générale, futur simple, subjonctif | Expliquer, projeter, exprimer un souhait ou une crainte |
On distingue le système du discours (présent, passé composé, futur) et le système du récit (passé simple, imparfait, plus-que-parfait) en grammaire française. Cette distinction guide la concordance des temps et évite les erreurs de cohérence. Les élèves qui commettent le plus d’erreurs sont souvent ceux qui mélangent les deux systèmes dans un même paragraphe.
Mini-exercice brevet : « Raconte un souvenir de voyage marquant. » Consigne de temps : paragraphe 1 → imparfait (décor, ambiance) ; paragraphe 2 → passé composé ou passé simple (péripéties) + un verbe au plus-que-parfait (retour en arrière) ; paragraphe 3 → conditionnel présent ou futur simple (ce que ce voyage a changé ou changera). Pour réviser le brevet de français, ce type de consigne guidée est un entraînement très efficace.

Mini-fiches d’exercices : travailler phrase par phrase puis par paragraphe
Ces exercices sont conçus pour être donnés tels quels. Ils servent aussi à travailler la notion de paragraphe : une seule idée principale, des phrases reliées logiquement, des temps verbaux cohérents. Même en 6e, un seul paragraphe bien construit vaut mieux qu’une page incohérente.
Exercices « phrase » :
- Complète avec le temps adapté : « Hier, il (pleuvoir) __ toute la journée. » (imparfait)
- « Quand je suis arrivé, elle (partir) __ déjà. » (plus-que-parfait)
- « Demain, nous (aller) __ au musée. » (futur simple)
- « Si j’étais un adverbe, je (modifier) __ toutes les phrases. » (conditionnel présent)
Exercices « transformation » :
- Passe ce texte du présent au passé composé : « Ce matin, je me lève tôt. Je mange mon petit déjeuner. Je pars à 8 h. »
- Passe du futur proche au futur simple : « Je vais terminer → Je terminerai. »
Exercice « paragraphe » :
- Écris un paragraphe de 5 à 8 lignes racontant un dimanche ordinaire d’une autre personne. Contrainte : 3 verbes à l’imparfait, 3 au passé composé, 1 au plus-que-parfait. Chaque phrase doit s’enchaîner de façon logique.
Ces exercices développent la confiance en soi à l’écrit et renforcent les compétences en conjugaison de manière concrète, loin des règles de conjugaison apprises par cœur sans les appliquer. En anglais, on parlerait de « learning by doing » – et c’est exactement la même logique en français : on apprend les temps en écrivant, pas seulement en regardant des vidéos.
Pour aller plus loin…
La maîtrise des temps verbaux se construit par la pratique régulière : lecture attentive, petits exercices de rédaction comme ceux proposés plus haut, relecture de ses propres textes pour vérifier la cohérence. La difficulté, c’est souvent de savoir si l’on a fait le bon choix – et d’obtenir un retour utile.
Des outils en ligne permettent aujourd’hui de s’entraîner sur la conjugaison, la valeur des temps et la rédaction de paragraphes avec des explications personnalisées. Studelio est une plateforme d’apprentissage du français pour collégiens qui propose des exercices interactifs sur les temps verbaux, une rédaction guidée et des retours formateurs par André, un professeur IA qui pose des questions plutôt que de donner directement les réponses (une manière de travailler inspirée de la méthode socratique). Un compte permet de suivre les progrès (parents et enfant) et d’accéder à des parcours ciblés pour préparer le brevet en travaillant la concordance des temps, la grammaire et l’expression écrite. Chaque exercice terminé est un pas de plus vers la réussite – et vers l’écriture avec confiance.