Voix active et voix passive : comprendre et s’exercer en grammaire
Voix active et voix passive : comprendre et s’exercer en grammaire
Qu’on prépare une dictée de 5e ou le brevet de 3e, la voix active et la voix passive reviennent dans presque chaque épreuve de français. Je vous propose ici une leçon claire, avec la méthode complète pour réussir chaque transformation, les trois pièges qui coûtent le plus de points, et des exercices pour s’entraîner.

Pourquoi maîtriser la voix active et la voix passive dès le collège
Je m’adresse ici aux élèves de la 6e à la 3e et à leurs parents. La différence entre la voix active et la voix passive est évaluée dès la classe de 5e, dans les dictées et les réécritures, puis de façon récurrente en 4e, en 3e et au brevet.
Dans les annales du brevet de français, on trouve régulièrement des consignes du type : « Réécrivez cette phrase à la voix passive en conservant le temps du verbe. » C’est l’exercice de réécriture, et il se prépare, exactement comme le passage du discours direct au discours indirect, l’autre transformation qui tombe tous les ans. Une réécriture réussie, ce sont plusieurs points gagnés sans effort supplémentaire : je détaille combien de points rapporte le français au brevet et comment les sécuriser.
Bien manier la voix d’un verbe aide aussi à mieux écrire. En rédaction comme en réécriture, le choix entre actif et passif change le point de vue et la clarté de chaque phrase. C’est l’une des rares notions de grammaire dont l’utilité se voit immédiatement dans une copie.
Qu’est-ce que la « voix » d’un verbe ?
La voix décrit la relation entre le sujet et l’action exprimée par le verbe. À la voix active, le sujet fait l’action : il en est l’agent. À la voix passive, il la subit.
Comparons : « Le chat attrape la souris » à l’actif, « La souris est attrapée par le chat » au passif. Le fait raconté ne change pas, seul le rôle grammatical du sujet change.
Une précision utile, parce qu’elle revient souvent dans les manuels anciens : on lit parfois qu’il existerait une troisième voix, dite pronominale. La terminologie grammaticale officielle n’en retient que deux et parle, pour les verbes en se, de forme pronominale et non de voix. Au collège, retenez donc deux voix, active et passive.
Enfin, un rappel essentiel dès le départ : seuls les verbes transitifs directs, ceux qui acceptent un complément d’objet direct, peuvent passer à la voix passive. Les verbes sans COD (tomber, venir, courir) ou avec un complément indirect (penser à, téléphoner à) restent à l’actif.
La voix active : définition, schéma et exemples
La voix active présente le sujet comme l’agent de l’action. Le schéma est simple : sujet + verbe conjugué + COD éventuel.
Quelques exemples du quotidien : « Le professeur explique la leçon », « Les élèves rangent leurs copies », « Marie cueille des fleurs ». Une phrase comme « Le chien dort » est bien à la voix active, mais sans COD, elle ne pourra jamais devenir passive.
Tout repose donc sur votre capacité à repérer le sujet et le COD. Si cette étape n’est pas assurée, rien de ce qui suit ne fonctionnera : reprenez au besoin les fonctions grammaticales expliquées simplement, et les classes grammaticales pour ne pas confondre la nature d’un mot avec sa fonction.

La voix passive : formation, complément d’agent et accord du participe passé
La voix passive présente le sujet comme subissant l’action. La construction suit toujours ce schéma :
Sujet + auxiliaire être conjugué au temps voulu + participe passé + par + complément d’agent.
Par exemple : « La leçon est expliquée par le professeur » au présent, « Les copies seront corrigées par le jury » au futur simple, « Les résultats ont été annoncés hier soir » au passé composé.
Le complément d’agent indique qui fait réellement l’action. Il est introduit par par dans la grande majorité des cas, mais par de après certains verbes de sentiment ou d’état : « un professeur aimé de ses élèves », « une décision connue de tous ». Et il peut tout simplement disparaître quand l’auteur de l’action est inconnu ou sans importance : « La décision a été prise. »
Attention à l’accord, c’est là que se perdent le plus de points : à la voix passive, le participe passé s’accorde toujours avec le sujet, en genre et en nombre. « La voiture a été réparée », « Les fautes ont été corrigées », « La maison a été construite par nos voisins ». Cette règle est bien plus simple que celle du participe passé avec avoir, mais elle se confond avec elle dans la tête des élèves : si le sujet vous échappe, relisez tout ce qu’il faut savoir sur l’accord du participe passé.
Ce point revient constamment dans les dictées du brevet, au point qu’on peut presque le prévoir : voyez les dix dernières dictées tombées à l’examen, vous l’y trouverez presque à chaque session.
Transformer une phrase de la voix active à la voix passive étape par étape
La méthode tient en cinq étapes, toujours les mêmes.
- Vérifier que le verbe a un COD. « Le mécanicien répare la voiture » fonctionne. « Il pense à ses vacances » est impossible, le complément est indirect.
- Identifier le sujet, le verbe et le COD. Dans « La tempête détruit les fleurs » : sujet la tempête, verbe détruit, COD les fleurs.
- Le COD devient le sujet de la phrase passive : « Les fleurs… »
- Conjuguer l’auxiliaire être au temps du verbe actif, puis ajouter le participe passé accordé avec le nouveau sujet. Au présent : « sont détruites ». À l’imparfait : « étaient détruites ». Au futur : « seront détruites ». Au passé composé : « ont été détruites ».
- L’ancien sujet devient complément d’agent : « Les fleurs sont détruites par la tempête. » Relisez pour vérifier que le sens tient.
Le mouvement inverse suit la même logique : le sujet passif redevient COD, le complément d’agent redevient sujet.

Les trois pièges qui coûtent le plus de points
Ce sont les trois erreurs que je corrige le plus souvent, et elles reviennent toutes dans les copies de brevet. Elles s’ajoutent à la liste plus générale des erreurs qui coûtent cher à l’examen.
Le piège du « par on »
Chaque année, je donne à transformer la phrase « On a volé mon vélo ». Et chaque année, je récupère une série de copies avec la même réponse : « Mon vélo a été volé par on. »
C’est logique, et c’est faux. La règle est précise : quand le sujet actif est le pronom on, le complément d’agent disparaît purement et simplement. On écrit « Mon vélo a été volé », et c’est tout. La phrase est complète.
Je fais toujours le chemin inverse dans la foulée, parce que c’est là que ça s’ancre : « Mon vélo a été volé » redevient à l’actif « On a volé mon vélo ». Le on réapparaît de nulle part. Quand un élève comprend que ces deux phrases disent exactement la même chose, il a compris la voix passive.
Le piège de l’auxiliaire être
Toutes les phrases avec être ne sont pas passives. « Il est tombé », « Elle est partie », « Nous sommes arrivés » sont des passés composés à la voix active, simplement conjugués avec l’auxiliaire être.
Le test est imparable : demandez-vous si le sujet subit l’action. Dans « il est tombé », personne ne fait tomber le sujet, il tombe tout seul. Ce n’est donc pas du passif. Ajoutez que le verbe tomber n’a pas de COD, donc il ne peut par définition pas se mettre au passif.
Méfiez-vous aussi des phrases comme « La porte est ouverte », qui sont ambiguës : soit quelqu’un est en train de l’ouvrir, et c’est un passif, soit elle se trouve simplement dans cet état, et ouverte fonctionne comme un adjectif. Le complément d’agent lève le doute : « La porte est ouverte par le concierge » est sans ambiguïté un passif.
Le piège du temps
C’est l’erreur la plus fréquente en réécriture, et la consigne du brevet vous prévient pourtant : « en conservant le temps du verbe ». Beaucoup d’élèves transforment malgré tout « La tempête a détruit les fleurs » en « Les fleurs sont détruites ». Le passé composé est devenu du présent en route, et le point est perdu.
La bonne réponse est « Les fleurs ont été détruites par la tempête ». L’auxiliaire être se conjugue au temps du verbe actif, pas à n’importe lequel. Si les temps composés vous embrouillent, faites un détour par les temps verbaux à maîtriser au collège.Utiliser intelligemment voix active et voix passive dans les rédactions
Le choix entre les deux voix a un effet direct sur le style d’un texte. La voix active est à privilégier pour des phrases dynamiques : « Les soldats envahissent la ville. » La voix passive insiste sur ce qui est subi : « La ville est envahie par les soldats. » La voix passive est utilisée pour un ton neutre ou impersonnel, comme dans un texte scientifique ou historique adapté au collège : « Des traces ont été découvertes dans le laboratoire. »
Mon conseil pour vos devoirs : à la lecture de votre paragraphe, repassez une ou deux phrases passives à l’actif pour vérifier la clarté. Sur Studelio, je propose des exercices de réécriture où l’enfant choisit entre active et voix passive selon l’effet désiré.
Bien choisir entre active et passive dans vos rédactions
Le choix entre les deux voix a un effet direct sur le style, et c’est là que la notion cesse d’être un exercice de grammaire pour devenir un outil d’écriture.
La voix active rend les phrases dynamiques, et c’est elle qu’il faut privilégier dans un récit : « Les soldats envahissent la ville. » La voix passive, elle, insiste sur ce qui est subi et déplace l’attention sur la victime de l’action : « La ville est envahie par les soldats. »
Le passif sert aussi à adopter un ton neutre ou impersonnel, ce qui explique sa fréquence dans les textes scientifiques et historiques : « Des traces ont été découvertes dans le laboratoire. » Personne n’a besoin de savoir qui les a découvertes.
Mon conseil de correctrice : à la relecture de votre rédaction, repassez une ou deux phrases passives à l’actif et comparez. Neuf fois sur dix, la version active est plus claire et plus vivante. Gardez le passif là où il dit quelque chose, jamais par défaut. C’est le genre de réflexe qui fait gagner des points en expression écrite, et vous en trouverez d’autres dans notre panorama de la grammaire au collège.
Exercices types pour s’entraîner
Exercice 1, repérer la voix. « Le principal a annoncé les résultats. » « Les bulletins seront distribués demain. » « Ma sœur est rentrée tard. » Pour chacune, dites s’il s’agit de l’actif ou du passif, et justifiez en cherchant qui fait et qui subit l’action. La troisième est un piège.
Exercice 2, de l’actif au passif. « Un enfant dessine une souris. » « Le jury a désigné le lauréat. » « Les ouvriers construiront le pont. » Conservez le temps, soulignez le nouveau sujet et le complément d’agent.
Exercice 3, du passif à l’actif. « La correction a été faite par le professeur. » « Mon sac a été retrouvé. » Pour la seconde, vous devrez faire réapparaître un on.
Conseil de méthode, toujours le même : soulignez d’abord sujet, verbe et COD. Vérifiez ensuite que le verbe accepte un COD. Relisez enfin à voix haute, l’oreille repère beaucoup d’erreurs que l’œil laisse passer.
Comment Studelio aide à consolider la maîtrise de la voix active et de la voix passive
La voix passive est typiquement une notion qui se comprend en cinq minutes et s’oublie en trois jours si on ne la manipule pas. C’est pour ce genre de point que nous avons créé André, le tuteur IA Studelio, conçu par des enseignants certifiés en lettres modernes.
Il assure le soutien scolaire en français de A à Z : la grammaire, la conjugaison, l’orthographe, les dictées, la rédaction, la lecture, l’aide aux devoirs le soir et le week-end. Sur la voix passive comme sur le reste, il propose un parcours complet, du repérage jusqu’à la réécriture.
Mais le point qui compte vraiment est ailleurs. André ne donne jamais la réponse. Là où ChatGPT transforme la phrase à la place de votre enfant et lui rend un exercice tout fait, André pose des questions : « Qui fait l’action ici ? » « Ce verbe a-t-il un COD ? » « À quel temps est le verbe de départ ? » Il relance, il reformule, il explique l’erreur, jusqu’à ce que l’élève trouve seul.
La différence n’est pas théorique. Un exercice fait par une IA donne une bonne note et aucun apprentissage. J’explique pourquoi dans mon article sur la différence entre une IA qui répond et une IA qui fait apprendre, et si votre adolescent a déjà pris l’habitude de faire ses devoirs avec ChatGPT, j’ai écrit un article entier sur ce qu’on peut faire concrètement. C’est la même logique qui guide ma façon d’enseigner en classe : je ne donne pas la réponse.
Côté pratique : un mode adapté aux profils atypiques, TDAH, DYS et HPI, avec un rythme modulable ; un tableau de bord qui montre aux parents la progression notion par notion ; une disponibilité 24 heures sur 24, pour un coût mensuel très inférieur à une seule heure de cours particulier. L’essai est gratuit pendant trois jours, sans engagement, de quoi tester le parcours « voix active et voix passive » et voir si l’approche convient à votre enfant.